Grains de beauté & Cancers de la peau

Un grain de beauté qui change de forme, une croûte qui ne guérit pas, une tache qui apparaît après cinquante ans : la plupart des lésions de la peau sont bénignes, mais certaines méritent d'être montrées sans attendre. Retrouvez ici nos ressources sur les grains de beauté et les cancers cutanés, rédigées et vérifiées par des dermatologues, pour comprendre ce qui doit alerter et comment se déroule la prise en charge.

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Chaque dossier est étudié par un médecin français titulaire d'un diplôme universitaire en dermatologie, inscrit au tableau de l'Ordre des médecins.

Faire mon diagnostic

Grains de beauté, lésions cutanées et cancers de la peau

La peau porte au fil de la vie un grand nombre de lésions : grains de beauté présents depuis l'enfance ou apparus à l'âge adulte, taches liées au soleil, petites excroissances bénignes. L'immense majorité d'entre elles ne présente aucun danger et ne nécessite aucun geste. Le problème n'est donc pas la lésion en elle-même, mais la capacité à distinguer celles qui doivent être examinées. Les cancers de la peau sont les cancers les plus fréquents, et leur pronostic dépend étroitement de la précocité du diagnostic. C'est ce qui justifie une surveillance régulière, sans inquiétude excessive mais sans banalisation.

Les lésions bénignes les plus fréquentes

  • Le nævus, ou grain de beauté, congénital ou acquis, dont le nombre augmente jusqu'à l'âge adulte puis se stabilise.
  • La kératose séborrhéique, lésion brune et rugueuse qui apparaît avec l'âge, souvent confondue avec un grain de beauté alors qu'elle n'a aucun lien avec le mélanome.
  • L'angiome et l'hémangiome, lésions vasculaires bénignes, rouges ou violacées.
  • Le dermatofibrome, le lipome et le fibrome mou, excroissances bénignes du derme ou du tissu sous-cutané.

Les lésions qui doivent être montrées à un médecin

Plusieurs situations justifient un examen dermatologique. Une lésion pigmentée qui se modifie doit être évaluée : la règle dite ABCDE résume les critères de vigilance, à savoir l'asymétrie, des bords irréguliers, une couleur inhomogène, un diamètre en augmentation et une évolution récente de l'aspect. Le signe dit du vilain petit canard désigne la lésion qui se distingue nettement des autres chez une même personne. Une croûte ou une plaie qui ne cicatrise pas, une lésion qui saigne au moindre contact, une plaque rugueuse persistante sur une zone exposée au soleil sont également des motifs de consultation. La kératose actinique, le carcinome basocellulaire, le carcinome épidermoïde et le mélanome relèvent tous d'un diagnostic médical, et d'eux seuls. Aucune grille de lecture, aucune application et aucune photographie ne remplacent l'examen d'un dermatologue.

Les facteurs de risque

L'exposition aux rayonnements ultraviolets est le principal facteur de risque modifiable, qu'elle soit solaire ou artificielle. Les coups de soleil de l'enfance et de l'adolescence pèsent particulièrement lourd. S'y ajoutent des facteurs propres à chacun : peau claire, cheveux roux ou blonds, yeux clairs, tendance à brûler plutôt qu'à bronzer, nombre élevé de grains de beauté, antécédent personnel ou familial de cancer cutané, immunodépression ou traitement immunosuppresseur. Une exposition professionnelle prolongée au soleil constitue également un facteur à prendre en compte.

Le parcours de soins

L'examen repose d'abord sur l'inspection de l'ensemble du revêtement cutané, complétée par la dermoscopie, un examen à la loupe éclairante qui permet d'analyser la structure de la lésion. Lorsqu'une lésion est jugée suspecte, elle est retirée chirurgicalement puis analysée au microscope : cet examen anatomopathologique est le seul qui établisse le diagnostic avec certitude. La prise en charge ultérieure dépend du type de cancer et de son stade. Ce parcours suppose un examen en présentiel, et c'est la raison pour laquelle toute lésion suspecte est orientée vers une consultation physique.

Ce que vous trouverez dans cette rubrique

Des articles pour distinguer les lésions bénignes des lésions à surveiller, comprendre la règle ABCDE et ses limites, connaître les facteurs de risque et les mesures de photoprotection, et savoir comment se déroulent l'examen dermatologique et l'exérèse. Chaque contenu est rédigé et vérifié par des dermatologues, à partir des recommandations actuelles, pour vous accompagner dans les décisions prises avec votre médecin.

Questions fréquentes sur les grains de beauté et les cancers de la peau

Qu'est-ce que la règle ABCDE ?

C'est un moyen mnémotechnique qui aide à repérer une lésion pigmentée à faire examiner : A pour asymétrie, B pour bords irréguliers, C pour couleur inhomogène, D pour diamètre qui augmente, E pour évolution récente de la taille, de la forme, de la couleur ou du relief. Elle constitue une aide au repérage et non un outil de diagnostic : seul un médecin peut se prononcer sur la nature d'une lésion.

Source : Assurance Maladie, ameli.fr

Tous les grains de beauté peuvent-ils devenir un mélanome ?

Non. La très grande majorité des grains de beauté reste bénigne toute la vie, et une part importante des mélanomes apparaît sur une peau jusque-là saine plutôt que sur un grain de beauté préexistant. Un nombre élevé de grains de beauté constitue toutefois un facteur de risque qui justifie une surveillance, d'autant plus en cas d'antécédent personnel ou familial.

Source : Assurance Maladie, ameli.fr

Quelle est la différence entre un carcinome et un mélanome ?

Ce sont des cancers cutanés d'origine cellulaire différente. Les carcinomes, basocellulaire et épidermoïde, naissent des kératinocytes : ils sont de loin les plus fréquents, surviennent surtout sur les zones exposées au soleil et évoluent majoritairement de façon locale. Le mélanome naît des mélanocytes, les cellules qui produisent le pigment, et présente un potentiel d'extension plus important, ce qui rend le diagnostic précoce déterminant.

Source : Société Française de Dermatologie, dermato-info.fr

Comment réduire son risque de cancer de la peau ?

En limitant l'exposition aux rayonnements ultraviolets, en particulier aux heures où le rayonnement est le plus intense, en recherchant l'ombre, en portant des vêtements couvrants, un chapeau et des lunettes de soleil, en appliquant une protection solaire sur les zones découvertes et en la renouvelant, et en évitant les cabines de bronzage. La protection des enfants est une priorité, les expositions de l'enfance pesant durablement sur le risque.

Source : Assurance Maladie, ameli.fr

Peut-on faire examiner un grain de beauté à distance ?

Une téléconsultation permet d'échanger sur une lésion, de recueillir son histoire et d'orienter, mais elle ne remplace pas l'examen dermatologique en présentiel, qui seul permet la dermoscopie et, si nécessaire, l'exérèse avec analyse au microscope.

Sur Skindex, la téléconsultation est réalisée par un médecin inscrit à l'Ordre des médecins et titulaire d'un diplôme universitaire de dermatologie. Devant une lésion pigmentée suspecte, une lésion qui saigne ou une plaie qui ne cicatrise pas, le médecin oriente vers une consultation en présentiel.

Source : Haute Autorité de santé

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